Paresse, paresse !
Le mois de mai incite à la paresse.
« Que devient Solange, ton journal d’une correspondante » ?
J’ai du mal, j’ai du mal. Le village où je vis est retombé dans sa léthargie. Seuls les oiseaux (vous savez que je les aime) animent mon quartier. Ils sont nombreux, mais je ne vais pas vous casser les pieds avec ça.
Pour revenir à mon journal … où je l’avais laissé, dans mes premières années de correspondante. 1981, vous vous souvenez. C’est cette année-là … je ne suis pas fan de Cloco. D’ailleurs il était déjà mort.
La mémoire me fait défaut. Je vais reprendre mes classeurs.
Trois blancs pour Fleurac, un bleu Mérignac, un rouge Triac-Lautrait, et un autre blanc pour Foussignac, un classeur supplémentaire pour les articles orphelins. Il faudrait que je me décide à en racheter d’autres. Ils sont tous pleins. Pleins de tous ces articles et de quelques pochettes de négatifs.
Même si mon secteur est petit, et mes écrits insignifiants dans cette grande PQR, j’ai toujours tenu à garder ce que ma plume avait pris plaisir à écrire. Narcissisme ? Peut-être. Mais aussi volonté de garder la mémoire de ce village. Pour moi, pour mes enfants, pour tous ceux que cela pourra un jour intéresser.
J’ai aussi dans des caisses des milliers de diapos datant de l’époque heureuse où, oeuvrant pour le comité des fêtes, je prenais plaisir à mettre en boîte les gens du village qui participaient aux activités. A l’époque, chaque année un voyage de quelques jours était organisé à côté d’autres manifestations. Par an, six ou sept pellicules y passaient.
Et je passais ensuite mes soirées d’hiver avec un ami, à trier, classer puis enfin monter avec force musique et chansons, tous ces petits carrés de plastique sur quelques rouleaux qui faisaient le jour de la « galette des rois » plaisir à tous ceux qui se découvraient ainsi, parfois dans des situations auxquelles ils ne s’attendaient pas, et surtout mis en scène avec des chansons ou des commentaires appropriés ou complètement décalés.
Aujourd’hui les articles dorment dans des classeurs, les diapos dans une vieille malle de voyage en bois. D’autres mots dorment au fond de mes tiroirs. Mais dans mes poches, dans mon cœur, plein de mots encore. J’espère avoir un jour, le temps, le courage de leur faire prendre l’air.
Pour ce qui est du quotidien, quelques articles m’attendent encore. Franchement j’ai la flemme.
Voilà, j’ai discuté. Je n’ai même pas rouvert mes classeurs comme promis au début de ce petit papier… Une autre fois, promis.
Il fait beau. Les oiseaux chantent. Mais le travail m’attend. Mi-temps par ci, mi-temps par là, cela finit par faire des temps complets qui occupent bien les journées. Voilà. Pas grand-chose à dire ce matin, juste livrer un peu de moi et des états d’âme d’une petite correspondante de campagne.
Belle journée à vous.
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