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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

à l’Est un peu de nouveau
histoire de prouver que l’on a toujours matière à dire ..même quand on est correspondante SO de la plus petite commune de Charente

Le scoop

Vous ne pouvez pas savoir l’effet que cela fait de rater « le » scoop.
J’aime assez me balader avec mon appareil photo, histoire de saisir, quelques petites choses dignes d’intérêt ou quelques petites scènes sympathiques.
Or voilà, qu’hier matin en route pour le marché en compagnie de ma fille j’ai raté le scoop.
Bon, je vous passe les détails, sinon vous allez dire que je raconte ma vie. Mais un blog, c’est fait pour ça non ? D’ailleurs, la preuve que vous aimez vous êtes quelques-uns à passer par ici de temps en temps et cela me fait toujours plaisir. Cela me booste aussi. Merci à vous.

Donc, hier matin … nous nous dirigeons vers Rouillac. En voiture, car les dix kilomètres qui me séparent du bourg sont un peu difficiles vu la configuration du relief. (C’est beau par chez moi vous savez. Surtout lorsqu’on se dirige vers Rouillac. On suit la Guirlande qui serpente et trace son chemin en fond de vallon)
Bon ! Allons au fait.
Ma fille conduit, moi à côté.
Et c’est là, chers visiteurs, c’est là, que je regrette de ne pas avoir pris mon petit matériel.
Quoi ! En plein festival de Cannes … qu’a-t-elle pu rater ? Ils sont tous à se la péter sur la Croisette. Wim Wenders je ne sais pas.
C’est pourtant vers le petit village où le réalisateur des “Ailes du désir” a quelques attaches que nous nous dirigeons.

Bon, j’en suis à me demander si je vous le fais en un ou deux épisodes. Parce que je me rends compte que ma prose est longue. Je m’étale, je m’étale.

- Réflexion faite demain je n’aurai pas le temps de finir donc je fais en un épisode.-

Le nez en l’air donc. La route serpente à mi-hauteur entre les coteaux plantés de vigne sur notre gauche et le vallon profond où coule la Guirlande, sur notre droite.-bon, ici je vous le fais rapide, je vous passe les détails poétiques-

Soudain, oh !!!
Je rêve là !
?!?!
Un bel oiseau s’élève lentement par-dessus le coteau.

Ça y est ! Elle nous le fait encore le coup des oiseaux !
Ben oui ! Que voulez-vous ? Je les aime ces bestioles ! Un oiseau. Et quel oiseau ! … Un cri m’échappe …
« Adeline, un vautour ! »
Imperturbable, Adeline qui conduit poursuit sa route.
« ça y est, cette fois, ma mère a pété les plombs ». Fumer la moquette, certes non. Cela fait belle lurette que j’ai changé la moquette pour du parquet et du lino. Because allergies.
Ma fille , toutefois, reste coite. Elle est gentille ma fille même si j’imagine trop bien ce qu’elle pense.

« Maman, tu abuses là … tu abuses »
Bon. J’essaie un autre registre :
« Adeline, arrête la voiture »
Heureusement, ma fille est obéissante. Et puis si sa mère pète les plombs, mieux vaut ne pas la contrarier.
Stop !

Je sens bien que c’est pour cette unique raison qu’Adeline consent à s’arrêter, puis à descendre - car elle aime toujours me faire plaisir ma fille-  et à faire comme moi -sans doute plus pour vérifier l’ampleur de mon délire- à lever le nez vers le ciel.
Elle commence par émettre gentiment quelques doutes sur l’espèce de l’oiseau. Elle y va avec précaution.
Pour moi aucun doute possible.
C’est bien un vautour qui caresse de ses grands doigts les nuages.
Je les connais trop bien ces oiseaux pour avoir adhéré un moment au FIR (fond d’intervention pour les rapaces) et avoir appris auprès de mon ami berger à les reconnaître.

Ma fille finit par se rendre à l’évidence. La buse qui accompagne dans son ascension le bel oiseau est là pour nous donner la mesure du grand rapace.
Nous restons subjuguées. Enfin, moi surtout. Très vite l’excitation me gagne.
Je suis comme ça.
Un vautour en Charente !
Nous profitons du spectacle. Le bel oiseau prend doucement le courant. Il s’élève lentement, en tournant. Il cherche une “pompe” comme on dit en langage Bouldras.

Pendant quelques instants je ne suis plus en Charente. Je suis en Lozère, sur ce Causse que j’aime tant, entre Jonte et Tarn. Mon cœur soudain se sent transporté. « Séquence émotion » dirait un certain « monsieur pacte ».
Le soleil est là. Je sens moi aussi la chaleur doucement me pénétrer. On sent le bel oiseau à l’aise tout là-haut. Moi plutôt frustrée
sur cette petite route de la campagne charentaise.
Frustrée de n’avoir pu fixer l’instant.
Je ne peux m’empêcher de passer sur le champ un coup de fil à Charente Nature. Je laisse un message sur le répondeur. Je les imagine à la réception à entendre l’excitée que je fus.

De retour à la maison, c’est Danielle Frainnet du centre de Torsac que je contacte à son tour. Bien sûr, beaucoup plus zen que moi la spécialiste ! Intéressée malgré tout d’avoir des nouvelles de la bestiole qui avait été aperçue la veille en sud Vienne (zut, ce n’est pas un scoop alors !) Et m’apprend-elle, ils ont été treize à survoler la veille un autre secteur de la Charente (je crois qu’elle m’a dit Dirac).

“Mon”vautour n’était donc ni une hallucination (ça me rassure) mais pas pour autant un scoop (ça me déçoit quelque peu)!
Tant pis. J’ai été en tout cas ravie d’avoir pu croiser le chemin de ce bel oiseau.
Et j’en profite pour dire ici combien l’on se doit de respecter ce rapace qui n’a absolument rien d’un insatiable prédateur comme certains voudraient bien le faire croire. Que les chasseurs aussi se rassurent, il ne s’attaquera en aucune façon à la faune, puisqu’il est charognard. Je ne supporte pas qu’on lui prête des exactions totalement erronées.
C’est d’ailleurs précisément ce régime alimentaire particulier qui fait aujourd’hui le malheur de ces familiers des falaises pyrénéennes qui jusqu’à présent se faisaient nettoyeurs de montagne en débarrassant la nature des carcasses d’animaux morts.

Or, par décision gouvernementale, “raison sanitaire” à ce qu’il paraît, il est désormais interdit aux éleveurs de déposer leurs animaux morts dans les charniers destinés aux vautours.
Vive l’équarrissage aseptisé ! Vive la normalisation et la gestion raisonnée de l’environnement ! Vive la suprématie de l’homme sur la nature, l’homme intelligent seul capable de savoir ce qui est bon ou non pour l’équilibre naturel !

Oui, je sais, mes remarques à côté des grandes révolutions ….
N’empêche. N’empêche que mes petites révolutions à moi elles me font du bien.

Allez, j’ai voulu faire en un épisode. Je ne vous ai pas trop gonflés ?

Ah, vous savez que j’aime aussi particulièrement le film “Les ailes du désir” ?
Pour le vautour j’ai oublié de préciser que j’avais un doute quant à son espèce. Fauve ou moine.

Allez, bon dimanche à vous. N’oubliez pas de lever le nez. Entre Pyrénées et Charente, on ne sait jamais … des vautours, des anges…
Des nuages pour sûr. Mais la pluie, on l’aime aussi.

 

Cinema Paradiso

Après avoir discuté volatiles un moment avec un drôle d’oiseau, je me suis fait hier soir une petite soirée cinéma.

Au hasard de mes zappings, je tombe sur la chaîne TNT direct 8, sur le magnifique film « Cinéma Paradiso » avec l’émouvant Philippe Noiret.

Cinéma Paradiso … pour moi, ce sont tous les Family, Olympia, et autre Lux qui repassent sur la pellicule de ma mémoire.

Le film de 1989, relatant l’année 1954 a de quoi émouvoir les amoureux du cinéma.

Paradiso… J’ai revu un instant une autre salle découverte l’été dernier, un autre paradis qui sent un peu trop la poussière mais où une poignée de bénévoles essaient de faire vivre encore en milieu rural « le » cinéma loin des grands complexes qui pour cause de profit se permettent en dernière minute de déprogrammer le film pour lequel vous venez de vous taper trente kilomètres.

Le Lux … une douce soirée de juillet, dernière séance avant la fermeture estivale. Cinq spectateurs dans une vieille salle au look et à l’ambiance délicieusement surannés où l’on est même venu nous proposer des chocolats glacés.

Dans le hall d’entrée un projecteur d’un autre temps comme celui du Paradiso.

Toto …Alfredo…

Hier soir, j’ai revu aussi Daniel de la salle Némo. Daniel et toi, ma fille, attentive à tous les gestes indispensables, les mêmes que ceux que Toto, en bon élève, apprenait à faire, dans le film de Tornatore. … Ma fille dans cette drôle de petite salle sombre d’où partent des milliers d’images. … et toutes ces grosses bobines de celluloïd à installer.

Aujourd’hui, les salles s’équipent tout doucement en numérique. Toi tu n’installes plus de bobines sur les projecteurs pas plus que tu ne colles la gélatine des pellicules que croquait Toto.

Bon, j’avais promis pour les pigeons de mon voisin. Ça attendra la semaine prochaine, ce matin, l’envie m’a prise de changer de sujet.

Changer de sujet ?

Au fait, Jacques Perrin qui interprète Toto adulte … Jacques Perrin … “Les oiseaux migrateurs” non ?

 

Ma fille, tu vois avec tes pigeons tu as peut-être un avenir …

Au fait, la salle Némo elle existe toujours, et c’est tant mieux. Même si elle n’a pas le look du Lux qui affiche à quelque chose près la même façade que le Paradiso sicilien, même si elle vient je crois de se refaire une beauté, la salle Némo comme toutes les autres salles d’art et d’essais a encore le mérite de passer le film que vous êtes venus voir, même si vous n’êtes que cinq spectateurs.

 

Bon, je crois que tout se mélange un peu dans ma tête.

Il m’arrive de mal recoller les morceaux de la pellicule.

Mais l’essentiel ça n’est pas dans quel sens on les colle, mais comment on s’en sert pour rêver encore un peu. Non ?

Il y a rushes et ruches …


Séquence émotion …Entre crue et cru …

En faisant le tour de l’année qui ne va pas tarder à pousser la porte j’ai retrouvé dans mes papiers un dernier cru. Publié en février 2007 il s’intitulait “UN FILM DU CRU”.

 

 

Un vrai fil rouge cette histoire de cru, tout à fait impromptu. Un fil qui se déroule au fil des jours et cela d’autant plus vrai que la jolie jeune fille que l’on voit ici de face a bien grandi depuis le jour où elle posait de dos devant une vigne inondée.

Alors j’espère que pour elle aussi, un fil rouge continuera à se dérouler ainsi, au fil des jours, au gré des hasards, des rencontres…

 

FOUSSIGNAC

serge-et-adeline-blog.jpg
photo article S-O 2 février 2007

cliquer sur ce lien pour agrandir le texte suivant :

a-lombre-des-chais-blog.jpg
S-O 2 février 2007

Le montage audio-visuel est un travail de fourmi, c’est certain ! Il faut toujours craindre qu’un bug vienne perturber la bonne marche des opérations, c’est vrai aussi. Mais de là à faire une tournée d’inspection des ruches pour faire de son film un nectar… le réalisateur et la monteuse ne sont pas piqués à ce point !


Et une coquille ! Une !

 


Re-crue

Quand on a plus d’inspiration –et je ne suis pas la seule, n’est-il pas ?- il y a deux solutions : soit on parle politique, soit on ressort les cadavres des placards.

Bon, la politique, j’ai déjà dit, je ne m’y entends guère, et d’autre part j’ai beau aimer le fantôme de l’opéra, chez moi, point de cadavres. Seulement des dizaines et des dizaines d’articles de presse soigneusement découpés, classés, collés et rangés dans des classeurs avec les pellicules photos, à l’époque, développées par mes soins et glissées dans des pochettes plastiques compartimentées réservées à cet usage.

Donc, aujourd’hui, et comme mon article sur la crue a remporté tous vos suffrages en dépassant allégrement les 200 clicks je vous sors ma nouvelle re-crue.

Cinq ans plus tard, le bébé-couveuse est maintenant une jolie petite fille. Vive, joyeuse et bavarde. Elle est, en cette année 1987, comblée, car une autre petite fille est arrivée depuis maintenant deux ans, et partage sa vie, ses jeux, ses rires … D’ailleurs cette petite fille, que Richard Clayderman jouait sur son piano, est une fan absolument admirative de sa grande sœur qui elle aussi jouait du piano à ses heures.

La petite Adeline n’avait point choisi de naître sous les eaux, non, non. Elle avait préféré rentrer de plein pied dans la vie, un lundi de Pentecôte. Mais, là, n’est pas le plus marquant. Le plus marquant, c’est que ce lundi de Pentecôte, était aussi un jour de foire de Rouillac. Tout est dit, n’est-il pas ?

Ah ! Si vous me lisez depuis le Sud du Sud Ouest, ou de plus loin encore, la foire de Rouillac ça ne vous dit probablement rien. Alors sachez que lorsque Rouillac fait la foire c’est toute la ville qui chante aux couleurs des parasols bariolés et au son des disques musettes. La foire du vingt sept ! Suffisamment fédératrice pour avoir donné son nom à la salle de spectacles qui, poussée comme un champignon dans ce gros bourg rural, a tout d’une grande par ses programmations dignes d’intérêt et sa fréquentation.

Une chaleur cette année là en ce joli mois de mai !

On ne parlait pas encore de réchauffement planétaire ni de canicules exterminatrices, mais je vous dis ! Quelle chaleur !

Les stades aussi s’enflammaient et je ne peux m’empêcher en évoquant la naissance de ma petite Adeline, de repenser à la tragédie du Heysel découverte lors des actualités sur l’écran de télé dans la chambre de la maternité. Trente huit morts provoqués par la folie des supporters anglais attaquant une tribune italienne et provoquant la chute d’un mur.

Bon, voilà donc un petit tour dans ma vie de correspondante en grillant les étapes chronologiques, mais à vrai dire, l’actualité fleuracaise tournait toujours autour des mêmes titres…


 

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