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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

à l’Est un peu de nouveau
histoire de prouver que l’on a toujours matière à dire ..même quand on est correspondante SO de la plus petite commune de Charente

A la sainte Catherine arrachez la vigne

Quel gâchis !

Il y a seulement quatre ans ces ceps n’aspiraient qu’à vivre et donner à celui qui les avait plantés une récolte abondante.

Les viticulteurs du Bordelais doivent aujourd’hui bien se moquer des petits poucets charentais qui avaient l’ambition de jouer dans la cour des grands crus. Ils n’auront pas tort en un sens.

Sauf que les seuls responsables dans l’histoire sont des technocrates ignorants, des acteurs politiques et du profit qui ne mettent pas souvent les pieds ni les mains dans la terre.

Bien minable leur pseudo grenelle de l’environnement quand on voit le manque de respect pour la nature dans sa plus belle dimension. On pourra faire toutes les belles lois que l’on voudra à l’échelle nationale ou planétaire. Tant que l’on n’aura pas compris le prix de la terre on court à la catastrophe.

Et moi la catastrophe je la vois chaque matin en allant prendre mon travail quand je passe devant ce cimetière de jeunes ceps qui tendent désespérément leurs bras mutilés et leurs racines devenues inutiles vers le ciel.

Je ne suis pas viticultrice. Mais j’ai le cœur fendu à voir un tel gâchis.


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http://solange16.blogsudouest.com/2008/01/19/pour-les-leve-tot/

Nouvelle histoire de cru

Chose promise, chose due.


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C’était à l’époque, pas si lointaine, une façon de diversifier sa production et pallier à la mévente de la vendange à destination cognac.

Je ne pense pas que cette année il soit resté des raisins dans les vignes pour les vendanges tardives. Chacun dans la région cognaçaise a tout juste fait son quota de récolte.

Quant à moi, je ne suis pas sûre qu’ il me reste encore quelques bouteilles de cette délicieuse « douceur d’automne » et c’est bien dommage.

Je reprends le fil …

Bon avec tout ça, j’ai perdu un peu le fil de mon journal.

Le mien. Celui pour lequel j’avais ouvert ce blog. Que ceux qui seraient tentés de penser que j’en avais oublié l’objet, se rassurent. Mais bon, on peut aussi prendre le temps de papoter non ? Et puis, sans doute l’arrivée de quelques collègues très bavardes aussi, et pleines de bonne humeur, m’a sans doute dissipée.

Dissipée ! Combien de fois y ai-je eu droit étant gamine. Dès le CP, j’étais régulièrement « punie pour bavardage ». Moi ? Bavarde ? Disons plutôt que les instit’ … oups, j’allais oublier que j’étais aujourd’hui de l’autre côté de la barrière.

Bon, je reviens donc aux choses sérieuses. Après être passée de la crue de 1982 aux inondations de 1987, j’ai fait étalage de mon trac et mis les pendules à l’heure de l’an 2000 un soir où blog perdait carrément les pédales.

Je vais essayer de reprendre tout doucement les manettes. Pas celles de mon boulanger. Les miennes, mes manettes de correspondantes.

Est-ce bien utile de revenir en arrière pour faire une revue de détail ? Pas sûr.

Je vais juste pour ce soir faire une revue de presse rapide : banquet de la Guirlande Pétanque, immanquable chaque année, galette des rois, bals costumés, soirées choucroute ou paëlla, (j’ai à ce propos encore oublié le nom que l’on donne dans le jargon journalistique à ces articles qui reviennent en boucle chaque année, si quelqu’un parmi vous sait ….) , et …, et tiens, en feuilletant mon premier classeur, je tombe sur les élections municipales de 83.

Pour Fleurac cette année-là une seule liste se présentant aux suffrages. Du jamais vu, et du pas près de se revoir sans doute. J’avais à ce propos écrit

« Liste unique. Pas de déchirure au sein de ce village qui compte 169 inscrits sur la liste électorale. Chacun peu s’en féliciter et souhaiter que cette unité demeure pour le bien de la commune »

Je trouve aujourd’hui curieux que mon opinion perso ait ainsi été publiée. Je suis persuadée qu’aujourd’hui cela serait coupé. D’ailleurs je ne permettrais plus de glisser dans mes papiers une telle remarque qui ne tient absolument pas de l’information.

Je dois dire que j’ai fait ma formation de correspondante « sur le tas ». La forme n’était pas toujours parfaite et le fond loin d’être transcendant. Mais bon, les rédactions me laissaient faire mon petit chemin. Nous laissaient à nous, correspondants, faire notre petit chemin parmi ceux qui écrivaient à côté de nous, les journalistes, les vrais.

Depuis Sud-Ouest et de la même façon Charente Libre, ont fait beaucoup d’efforts pour nous faire entrer un peu plus, nous les simples correspondants dans cette famille de ceux qui écrivent.

Depuis quelques années nous avons régulièrement (plus ou moins), mais malgré tout assez souvent, des réunions. Des réunions qui nous permettent d’une part de nous rencontrer entre correspondants, ce qui est toujours un moment convivial et très agréable et de rencontrer aussi les pros de la maison. Pros qui souvent mettent tout en œuvre pour nous apporter des conseils.

Conseils en écriture, conseils en photo.

D’ailleurs à ce propos …

Lundi prochain, c’est Charente Libre qui régale, et début décembre c’est Sud-Ouest. Elections obligent.

Si vous êtes parmi mes visiteurs, quelques collègues charentais du secteur Cognac … je vous dis avec plaisir « A bientôt ».

Trop tard ce soir pour embrayer avec “l’article de derrière les fagots” dont je vous avais parlé.


Mais promis, je m’en occupe et vous sors sous peu un petit cru Fleuracais dont vous me direz des nouvelles.

A bientôt.

Il y a cru et crue …

1982 ! Sacré millésime à ce qu’il paraît …
1982 fut surtout marqué pour moi par un déménagement et pour la Charente par ce qui fut la crue du siècle.
La fin de l’année approchait et comme j’ai déjà dû le préciser quelque part en amont, un heureux événement s’annonçait pour l’année à venir.
Au niveau « journalistique », calme plutôt plat dans ma petite commune.
Calme plat mais pluie à gogo comme sur tout le département, où décembre venait de subir trois épisodes pluvieux particulièrement importants. La petite Guirlande (nom du ruisseau qui traverse mon village) avait investi les prés tandis que la Charente réitérant sa demi-prouesse de janvier- février venait cette fois de réussir son coup en transformant l’essai qui allait devenir la crue du siècle.
Alors que les Charentais commençaient à préparer Noël, le fleuve tranquille, sournoisement, insidieusement quitta son lit et, s’il n’arriva pas à la vitesse d’un cheval au galop, il prit toutefois les riverains par surprise. Personne n’aurait pu imaginer ce qui allait suivre.
On avait bien l’habitude de voir certains hivers les rues coupées, dans les secteurs de Montignac, le Gond Pontouvre puis plus en aval d’Angoulême de Jarnac, Cognac, mais de là à voir dans certains chais des tonneaux emportés par le courant, ou encore la ville de Saintes complètement sinistrée cela tenait de l’impensable. 1904 n’était plus guère dans les mémoires et de toute façon on a toujours du mal à croire que les catastrophes peuvent se reproduire.
Le dimanche 19 décembre, à Fleurac, il n’y eut rien de vraiment mémorable, si ce n’est le repas des personnes âgées, auquel je me rendis histoire de faire une photo pour Sud-Ouest.
J’eus droit aux questions gentillettes de certaines mamies curieuses de savoir « alors c’est pour quand ? Février ? ah, bien vous avez encore le temps. En effet, ça ne se voit guère, vous avez encore le temps de prendre du poids … Ah pour sûr, ça sera un garçon. Vous croyez, ah, non plutôt une fille » et j’en passe.
Bon … je vous raconte ma vie, là.
Plus rien à voir avec le journal, plus rien à voir avec mon village. Je n’ai pas la prétention à moi toute seule, d’alimenter la vie locale, mais bon, puisque c’est de moi dont il s’agit et de mes mémoires …

J’étais en vacances depuis la veille. Je passai tranquillement le reste de la journée à préparer le sapin de Noël.
Il s’était remis à pleuvoir. Le déluge ! Quarante millimètres, rien que pour la journée. Un record. Un record surtout pour la pluviométrie totale du mois jusqu’à ce jour qui s’élevait alors à 213 millimètres.

Bref, tout cela pour dire que pour moi aussi, les grandes eaux n’allaient pas tarder.
Dans la nuit du 19 au 20, ce fut l’inondation jusque dans ma chambre à coucher, signe annonciateur que Bébé, prévu pour février était en train de suivre le mouvement de crue et frappait à la porte avec un mois et demi d’avance.
Après quelques hésitations, puis la confirmation par le médecin venu en toute urgence, il fallut partir en catastrophe au petit matin du 20 décembre, direction Angoulême.
Alors qu’à l’auto-radio de la voiture, Radio Arc-en-Ciel faisait déjà moult détails de la situation qui s’avérait catastrophique, il fallait se décider, et vite, pour mettre un prénom sur cet enfant pressé d’arriver. J’avais déjà mes petites idées là-dessus. Heureusement.
Pour rejoindre la maternité il fallait traverser toute la ville coupée par le fleuve depuis le secteur des Planes, pour ceux qui connaissent. Heureusement, pour avoir vécu à Angoulême un certain nombre d’années, je pus, entre deux douloureuses contractions, indiquer à mon chauffeur, futur papa en l’occurrence, quelques rues transversales qui pourraient permettre de contourner les voies inondées. L’heure était grave malgré tout. Il fallut même emprunter des sens interdits.
Je vous passe les détails.
En début d’après-midi enfin, Cécile est née. Elle attendit sagement, au chaud dans une petite couveuse, que la Charente retrouve son lit et ne put hélas pas profiter de son premier Noël à la maison.
Mais après les quelques craintes des premiers jours, je pus la ramener à Fleurac, minuscule petit paquet de deux kilos dans sa petite robe de laine blanche et ses petits collants bleus, toute bronzée déjà par les lampes solaires de la couveuse.
Elle eut droit quelques jours plus tard à son petit encart dans le journal. Hé !
L’encart fut tout petit.
Mais pour moi, ce fut la nouvelle la plus belle de l’année … entre cru exceptionnel et crue exceptionnelle.

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