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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

à l’Est un peu de nouveau
histoire de prouver que l’on a toujours matière à dire ..même quand on est correspondante SO de la plus petite commune de Charente

Dernier voyage … ou … Comme une bouteille.

Comme une bouteille jetée
Petit radeau de fleurs et d’osier
Te voilà libre de voguer
Point de message pourtant.
Quelques cendres emprisonnées
Toute une vie consumée
Un peu de bonheur consommé

Des douleurs enfin apaisées
Des souvenirs embrasés
Des larmes salées
Des baisers sucrés
Des rires envolés.

Petit ballot fragile
Coquille de noix
Brindille
Si l’onde reste paisible

B
ientôt tu croiseras
Cordouan
Veilleur solitaire
A l’entrée de l’estuaire
Tu apercevras les îles
Et fileras avec le vent
Sur le dos de l’Océan
Pour un voyage autour de la terre
Pour un voyage au-delà des mers
Pour un voyage vers le mystère
Le der des ders
Le plus beau

Car celui pour lequel le temps s’est arrêté
S’était toute sa vie contenté d’en rêver.

extrait de l’article : Il y a urne et urne … -cliquer ici-
d’autres poèmes : http://solange16.blogsudouest.com/tag/po%C3%A8me
12 mars 2008 - Aucun commentaire
Classé dans : ♥ QUELQUES POEMES Tags: , , ,

Il y a urne et urne …


Un dimanche après-midi. Dans l’estuaire. Il fait doux dans ce bras abrité le long duquel le « fleuve » s’écoule tranquille. Eaux douces et eaux salées mêlées pour venir faire entendre leur clapotis contre la berge plate.

C’est un dimanche de tout début de printemps il y a de cela quatre ou cinq ans. Peut-être un peu moins, c’était l’époque où le pôle nature de Vitrezay se préparait à ouvrir. J’avais précisément fait le voyage afin de préparer une sortie pédagogique.
Après la découverte du pôle, mon époux qui m’accompagnait et moi, nous poursuivîmes en voiture sur la route qui surplombe par endroits l’estuaire et en d’autres, serpente au milieu des marais, histoire de pousser jusqu’au bunker de béton situé un peu plus en amont.



Entre Vitrezay et Braud, après avoir traversé toute une zone de marais, nous empruntons un petit chemin qui redescend vers l’estuaire. Nous débouchons dans un tout petit port dont j’ai oublié le nom. En consultant aujourd’hui une carte Michelin, je me dis qu’il s’agit peut-être du port des Callonges, mais je n’en suis pas sûre.
Nous laissons la voiture pour nous diriger à pied vers le fleuve. Je dis le « fleuve ». Les riverains me corrigeront si je n’utilise pas l’appellation convenable, mais il me semble avoir souvent entendu ce mot pour désigner l’estuaire.
L’endroit est calme, pourtant de nombreuses voitures sont déjà stationnées le long de la petite route goudronnée. Nous faisons quelques pas jusqu’aux quelques carrelets alignés sur la gauche. Quatre ou cinq, il me semble me souvenir, pas plus. Je remarque un emplacement vide où ne subsiste que le ponton. La cabane a été visiblement détruite il y a peu.
Sur le bord du chemin quelques personnes semblent attendre. Nous les saluons. Elles en font tout autant. Chaleureusement. Je suis intriguée. Parmi eux, une femme plutôt âgée et des couples d’une trentaine, quarantaine d’années accompagnés d’enfants. Tout le monde se tient silencieux. Mon époux et moi nous avançons un peu plus loin, jusqu’à la berge pour rester à l’écart, discrets. Peu à peu, d’autres personnes arrivent et se joignent au groupe.
Un homme se détache et repart vers les véhicules.
Il revient portant un étrange petit fardeau. Une composition florale sur un petit ensemble de branchages ou d’osier en forme de bateau.
Je me fais curieuse et observe un peu plus attentivement. Sur cette composition, une petite boite rectangulaire. Il me semble comprendre.
Les gens se regroupent dans un premier temps près du ponton abandonné. Ils se recueillent un instant, en silence. Puis le groupe s’avance un peu plus loin vers la berge, où le courant fait battre quelques vagues. Le radeau d’osier et de fleurs est déposé puis poussé vers le large.
Nous nous tenons, légèrement en retrait, silencieux aussi.
L’instant est troublant. La famille très simple reste digne, recueillie.

La petite barque s’éloigne, hésitante au début, puis prenant peu à peu de l’assurance, ballotée par le courant qui l’entraîne doucement vers l’aval.

J’imagine alors ce pêcheur au carrelet, tellement épris de son petit coin d’estuaire, ce pêcheur qui n’a jamais vraiment connu la mer et qui a souhaité pour dernière demeure rejoindre les flots avec les restes consumés de sa cabane.



Il y a urne et urne. Il paraît que d’ici quelques années le choix de l’incinération représentera 50% des décès .

 

Le dernier choix. Se laisser ronger par les vers ou rejoindre et le ciel et la mer en quittant définitivement la terre.

En attendant, il faudra encore pour certains, mettre leur bulletin dans l’urne dimanche prochain.

Les autres, ceux qui ne votent pas, pourront toujours aller faire une petite balade dans l’estuaire.

 

 

Comme une bouteille jetée
Petit radeau de fleurs et d’osier
Te voilà libre de voguer
Point de message pourtant.
Quelques cendres emprisonnées
Toute une vie consumée
Un peu de bonheur consommé

Des douleurs enfin apaisées
Des souvenirs embrasés
Des larmes salées
Des baisers sucrés
Des rires envolés.

Petit ballot fragile
Coquille de noix
Brindille
Si l’onde reste paisible

B
ientôt tu croiseras
Cordouan
Veilleur solitaire
A l’entrée de l’estuaire
Tu apercevras les îles
Et fileras avec le vent
Sur le dos de l’Océan
Pour un voyage autour de la terre
Pour un voyage au-delà des mers
Pour un voyage vers le mystère
Le der des ders
Le plus beau

Car celui pour lequel le temps s’est arrêté
S’était toute sa vie contenté d’en rêver.

d’autres poèmes : http://solange16.blogsudouest.com/tag/po%C3%A8me
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