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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

à l’Est un peu de nouveau
histoire de prouver que l’on a toujours matière à dire ..même quand on est correspondante SO de la plus petite commune de Charente

Amb/@ / Info or not info ?

Quand vous tenez l’info, la bonne, l’originale et que l’on vous dit :
“Je vous le dis, mais c’est juste pour vous, vous ne le mettez pas dans le journal”
… Ah ! Ce “Vous ne le mettez pas dans le journal” !
Dilemme sur tous les plans.

Vexation.

Frustration.
* Vous êtes correspondant(e), votre « mission » est d’informer, de tenir votre canard au courant et on vous demande de tenir l’info secrète. Or on sait pertinemment que L‘info ne restera secrète qu’un temps seulement . A plus ou moins longue échéance, l’info ne sera plus ni secrète ni fraîche, puisque tout le monde en aura eu vent. La rumeur parfois, va plus vite que l’info, et parfois aussi, peut faire encore plus de dégâts qu’une info bien placée.
* Vous êtes correspondant(e) et vous avez aussi votre petit ego perso. Tenir l’info, celle que personne encore ne connaît et devoir tenir à la fois votre langue et votre plume, l’une et l’autre dans chacune de vos petites mimines. Pas facile ! 

Oui, nous savons tous. Nous connaissons tous la parade sous-terraine au « Vous ne le mettez pas dans le journal ». Cela s’appelle l’alerte. L’anonyme. Mais bon. Nous petits corres, on a aussi le privilège de bien connaître nos interlocuteurs, d’avoir des rapports de proximité avec eux, de confiance. Alors … alors.
Alors vous rongez votre frein, en espérant que l’on aura, un jour ou l’autre, la primeur de l’info, grandie, plus très originale mais originale tout de même.

Vous me suivez ? Non, pas sûr. Peu importe.

C’est un petit dilemme. Tout petit en regard de toutes les grandes questions existentielles qui peuvent se poser de par le monde.

Mais moi, il m’arrive parfois de me la poser.

Entre charentaises et coup de Jarnac : la savate boxe française

Je vous avais promis un troisième épisode à mes histoires de charentaises, qui en fait est un quatrième (si vous en référez à mes tags).

         Au pays de la charentaise, il est un sport qui reste encore trop méconnu : la savate boxe française. Avec trente-huit mille pratiquants sur toute la France et neuf clubs en Charente, ce sport cherche encore sa voie pour accéder au statut de discipline olympique. « Ce qui ne devrait pas tarder à arriver » comme le fait remarquer René Pasquet, délégué technique départemental, membre de l’équipe fédérale, et instructeur fédéral diplômé. Très attaché à la création de clubs,  il vient d’ouvrir à Mérignac le troisième du secteur après Fléac  et Jarnac qui sont aussi de sa responsabilité et de celle de son épouse, elle-même, instructrice. « Alliant l’éducatif, l’esthétisme, l’efficacité à l’attention, au respect des règles, au respect des autres et de l’adulte, ce sport complet est accessible à tous de six à cent six ans » affirme le sportif en tenue réglementaire, toujours la même depuis la naissance de ce sport d’avant-guerre, pratiqué à l’origine par la noblesse.  Ce sport  de combat, pieds et poings, 100% français, se pratique en général en association avec la canne de combat et le bâton, deux disciplines, quant à elles, très spectaculaires. Peu connues en tant que sport elles le sont davantage par leur médiatisation par la série  télévisée : « Les brigades du tigre ».

         Qui sait si notre baron de Jarnac, le jeune Guy Chabot, si peu à l’aise avec l’épée,  à qui l’on doit pourtant le célèbre coup *, n’aurait pas choisi plutôt cette discipline pour combattre le féroce François de Vivonne ?

         Il existe pour ce sport trois types de compétitions de divers niveaux : assaut et combat, en fonction de l’âge du pratiquant. Entraînements et compétitions sont également  ouverts aux filles et femmes qui représentent  le  tiers des troupes avec dix mille pratiquantes en France.


Renseignements pratiques concernant le club :

Après une première séance de démonstration, une première séance de pratique a eu lieu à Mérignac ce mercredi. Il est toujours temps de s’inscrire dans ce club qui vient de naître et qui tournera en partenariat et réciprocité avec ceux de Fléac  et Jarnac.

Les tarifs licence sont de 15 euros pour les moins de 16 ans (à partir de six ans) avec une cotisation annuelle de 40 euros. Licence à 30 euros pour les adultes. A savoir que la tenue ne nécessite pas beaucoup d’investissement et que le club peut prêter les gants et le casque réglementaires.

A Mérignac les cours seront assurés tous les mercredis. Enfants (6- 12 ans) : de 17h30 à 18h30 ; plus de 12 ans et adultes : de 18h40 à 19h40. Canne et bâton de combat : 18h40 à 19h40 .

A Jarnac, les cours ont lieu le samedi matin  à la salle de gym du collège Jean Lartaut entre 9h et 11h30 selon la discipline choisie.

Renseignements au 06-32-17-31-00

*       Vous voulez en savoir plus sur notre célèbre coup de Jarnac ?
Vous pouvez si vous le souhaitez vous référer aux documentaires très sérieux. Pour ma part, j’aime beaucoup le petit roman d’Armand Farrachi, paru aux éditions Bayard dans la collection Je Bouquine. Roman simplissime certes, mais où l’on découvre réellement qui était Guy Chabot. Quand vous aurez lu ce petit book vous ne penserez plus que le coup de Jarnac était un coup en traître et vous en saurez un peu plus, en entrant par la petite histoire,  sur la grande Histoire.
- retrouvez cet article dans le journal Sud-Ouest édition Charente de ce jour -
Blog, bon sang, ma photo floue ou pas, est-elle arrivée jusqu’à toi pour les photos des corres’?


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Des mots en rade

Paresse, paresse !
Le mois de mai incite à la paresse.
« Que devient Solange, ton journal d’une correspondante » ?
 

J’ai du mal, j’ai du mal. Le village où je vis est retombé dans sa léthargie. Seuls les oiseaux (vous savez que je les aime) animent mon quartier. Ils sont nombreux, mais je ne vais pas vous casser les pieds avec ça.
Pour revenir à mon journal … où je l’avais laissé, dans mes premières années de correspondante. 1981, vous vous souvenez. C’est cette année-là … je ne suis pas fan de Cloco. D’ailleurs il était déjà mort. 

La mémoire me fait défaut. Je vais reprendre mes classeurs.
Trois blancs pour Fleurac, un bleu Mérignac, un rouge Triac-Lautrait, et un autre blanc pour Foussignac, un classeur supplémentaire pour les articles orphelins. Il faudrait que je me décide à en racheter d’autres. Ils sont tous pleins. Pleins de tous ces articles et de quelques pochettes de négatifs.
Même si mon secteur est petit, et mes écrits insignifiants dans cette grande PQR, j’ai toujours tenu à garder ce que ma plume avait pris plaisir à écrire. Narcissisme ? Peut-être. Mais aussi volonté de garder la mémoire de ce village. Pour moi, pour mes enfants, pour tous ceux que cela pourra un jour intéresser. 

J’ai aussi dans des caisses des milliers de diapos datant de l’époque heureuse où, oeuvrant pour le comité des fêtes, je prenais plaisir à mettre en boîte les gens du village qui participaient aux activités. A l’époque, chaque année un voyage de quelques jours était organisé à côté d’autres manifestations. Par an, six ou sept pellicules y passaient.
Et je passais ensuite mes soirées d’hiver avec un ami, à trier, classer puis enfin monter avec force musique et chansons, tous ces petits carrés de plastique sur quelques rouleaux qui faisaient le jour de la « galette des rois » plaisir à tous ceux qui se découvraient ainsi, parfois dans des situations auxquelles ils ne s’attendaient pas, et surtout mis en scène avec des chansons ou des commentaires appropriés ou complètement décalés.

Aujourd’hui les articles dorment dans des classeurs, les diapos dans une vieille malle de voyage en bois. D’autres mots dorment au fond de mes tiroirs. Mais dans mes poches, dans mon cœur, plein de mots encore. J’espère avoir un jour, le temps, le courage de leur faire prendre l’air.

Pour ce qui est du quotidien, quelques articles m’attendent encore. Franchement j’ai la flemme.
Voilà, j’ai discuté. Je n’ai même pas rouvert mes classeurs comme promis au début de ce petit papier… Une autre fois, promis.
Il fait beau. Les oiseaux chantent. Mais le travail m’attend. Mi-temps par ci, mi-temps par là, cela finit par faire des temps complets qui occupent bien les journées. Voilà. Pas grand-chose à dire ce matin, juste livrer un peu de moi et des états d’âme d’une petite correspondante de campagne.
Belle journée à vous.

L’annuaire des maires

Ils sont tous là …
Enfin !

Pour notre plus grand bonheur nous les correspondants qui nous sommes faits chasseurs de têtes pendant quinze jours.

Charente Libre avait pris les devants en publiant le supplément dès hier. Ce matin, Sud-Ouest à son tour nous étale les 404 trombines des maires de Charente dans un supplément de 24 pages.

Il leur a fallu avoir la tête solide pour arriver jusque là.

Un coup sur les rotatives de CL, et un autre sur celle de SO. Moi, la migraineuse, j’en ai eu cette nuit encore des cauchemars en les imaginant toutes ces têtes à tourner à la vitesse grand V dans la salle des machines du paquebot du quai de Brazza transformé pour l’occasion en salle de torture pour tous les premiers magistrats du Sud-Ouest.

Tous pour le même tarif : soit 0,85 euros.

Ce matin, donc, tous ces maires et mairesses courageux qui se sont dévoués à la cause commune, portés sur l’autel de la politique et de la citoyenneté par des centaines de petits papiers glissés dans l’urne, vont à leur tour se glisser par la fente de milliers de boîtes à lettres pour débarquer chez vous entre la tartine de beurre et le bol de café du petit déjeuner ou entre la poire et le fromage du déjeuner de midi.

Ou bien, s’ils n’ont pas le privilège d’être vendus en kiosque, maison de presse et autre tabac, ils vont se retrouver ballottés, brinqueballés, dans le caddie de la ménagère qui les trimballera entre les paquets de couches du petit dernier et la boîte de poisson pané surgelé.

Ils auront six ans pour se remettre d’avoir été ainsi malmenés par les canards locaux. Mais, qu’ils sachent que sur ce coup, petites mains et grandes têtes pensantes de la PQR ont fait une sacrée chaîne pour qu’ils arrivent ainsi chez leurs chers administrés.

Qu’ils sachent que cela n’a pas été une mince affaire que de caser tout le monde au bon endroit, avec la photo adéquate et le renseignement qui convient. Reste à espérer qu’il n’y aura pas trop de fausses notes (on dit couacs dans le langage canard ? ) et que les têtes ne prendront pas la mouche pour un minime détail erroné ou oublié.

Qu’elles soient bien conscientes ces chères têtes (pas forcément toutes blondes) de tout le travail qui s’est mis en place en coulisses pour en arriver ce matin à ce supplément.

Mails, coups de fil, rectificatifs et précisions à la rédaction pour un article égaré ou incomplet, une photo restée en rade dans les labyrinthes webomatiques, emmêlés, l’un ou l’autre, ou pire, l’une et l’autre, dans les mailles vicieuses et tortueuses de la toile, ou encore dirigés sur une adresse inadéquate par les fils parfois distendus du protocole ftp de notre cher picta qui ne demande qu’à devenir meilleur.

Car pour ce picta là, plus aquitain que picto-charentais, il ne fallait pas se tromper de tiroir pour mettre les bobines. On nous avait bien prévenus : “Pour les bobines, cliquez sur le bouton spécial !”

Moi, précautionneuse, je n’avais qu’une peur c’était de me faire épingler pour quelques bobines mal ficelées.

Toutefois je ne mis pas longtemps à comprendre que dans les agences, standartistes, secrétaires et journalistes ramaient autant que nous.

Tous dans la même galère ! Ramages par ci, plantages par là, SOS à droite, SOS à gauche … on a évité de justesse les fusées de détresse, mais il paraît que dans les rédactions on n’était pas loin des coups de pagaie qui se perdent …

(Et n’oublions pas, n’oubliez pas, amis du Sud-Ouest et de la France entière qu’en Charente la pagaie ça nous connaît, surtout du côté de Jarnac - Immense bravo en passant à Cédric Forgit et Martin Braud qui eux, avaient leur têtes hier matin dans tous les canards de France et de Navarre- cocorico- à ces deux pagayeurs de talent qui vont ramer en Chine et rapporter les médailles qu’ils méritent)

Allez, si ce matin, tout baigne pour nos élus alignés dans le trombinoscope même si eux ne sont pas sélectionnés pour Pékin, tant mieux !

Nous voilà maintenant, petits correspondants tranquilles pour six ans.

Quant à eux, nos élus, ils ont aussi six ans pour se faire à l’idée qu’être homme ou femme public n’est pas de tout repos, de cela j’en reste persuadée et je salue leur courage, autant que je respecte leur mission.


Tiens, j’y pense ! Pendant que vous, lecteurs, électeurs et élus, vous allez vous payer quelques têtes moi je vais me plonger, pour changer et me donner un avant goût de vacances ….

…….dans l’annuaire … des mers.


 

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Ma rencontre avec Paul (2)


 

  • Paul Gestreau a le sourire bienveillant et se confie, simplement. Il raconte sa vie. Une vie difficile et douloureuse au cours de laquelle il a vu partir à jamais ses trois enfants et il y a peu, son épouse. Pourtant le vieil homme rayonne et son charisme est tel que les jeunes n’en finissent pas de se plaire en sa compagnie. Bruno et Pascal, deux de ses petits-fils, Stéphanie l’auxiliaire de vie qui le considère comme son grand-père et surtout Nadine, l’épouse de Dominique, le fils décédé lui aussi.

 

Tous aiment à dire de lui qu’il est « comme le bon pain, pas difficile à vivre »


C’est Nadine « qui a été sa main », comme il aime à le souligner, pour la rédaction de ses mémoires. Un petit recueil tiré à une cinquantaine d’exemplaires seulement, sur les presses de l’imprimerie « Mon étiquette » de Pons et destiné à sa famille et ses amis, réunis ce samedi de mars pour son anniversaire.

C’est cet hiver qu’il a décidé de laisser à ceux qu’il aime la trace de sa vie tellement chargée, après trois hospitalisations qui ont failli le faire passer de l’autre côté.

A l’hôpital, Nadine a commencé à enregistrer les récits sur un dictaphone.

Paul s’en est sorti. Miraculeusement, soutient-il, et ragaillardi.




Il fait à nouveau quotidiennement un peu de gymnastique et me démontre geste à l’appui, qu’il est resté souple et agile en touchant de sa jambe son bras levé à l’horizontale à la manière des danseuses de music-hall. Il ferait même le grand écart si Stéphanie ne s’y opposait gentiment. La seule chose qu’il a abandonnée en octobre dernier c’est sa voiture remplacée par un scooter qui lui permet encore de se déplacer dans les rues de Jarnac et dans les chemins de campagne qu’il affectionne particulièrement.

Un personnage véritablement, doué d’une « ouverture d’esprit et d’une curiosité naturelle » comme l’a souligné dans la préface de son livre, Thierry Grandjean, son éditeur. En effet, pour retrouver des photos, des détails utiles pour compléter ses écrits, Paul s’est initié à internet avec l’aide de Nadine.

Tous les deux, complices, proches, père et fille, amis à la fois. Le lien qui les unit est fort. Nadine, présente et qui s’active aujourd’hui aux préparatifs de la fête confirme.
Cela se sent. Cela se voit.

Une vie difficile et douloureuse


 

  • Engagé à vingt ans juste avant la guerre, Paul restera absent sept ans loin de la maison familiale. Il participera aux combats violents en Meuse et en Ardenne, dans les forts de la ligne Maginot. Les camps, les planques. Le froid. La faim. Mais « se préservant du ventre, comme il le dit, pour préserver sa tête ». C’est que Paul qui admet, « user de tout, sans abuser » a ses arguments pour rester vaillant et solide.

 

 

Il y eut ensuite la captivité en Allemagne d’où il ne reviendra qu’à vingt-sept ans.

Aujourd’hui, ce pan lointain de sa vie reste clair et précis même si Paul prétend qu’il « perd des coches, et que la route est longue et difficile ».
Les lieux, les personnes, chacun porte encore dans sa mémoire, le nom qui lui revient.

A l’image de celui à qui il ressemble tant, son discours est ponctué de paroles bienveillantes, les sages diraient « positives ». Pas de haine même s’il a « beaucoup encaissé » et s’il a désiré après bien des désillusions « tirer un trait sur toutes les religions et la politique qui ont détruit beaucoup de monde »
Celui qui tout jeune a soigné sa mère, puis récemment son épouse qu’il a vu partir tout comme, avant elle, ses trois enfants, impuissant devant le sort qui s’est acharné, insiste sur le fait que « toute sa vie il a fait de ses actes des bonnes actions, ne reculant devant rien ».

L’humaniste a souhaité inscrire dans les premières pages de son livre toute la confiance qu’il a dans l’homme intimement lié à la nature. L’arbre et le bois restent une référence qui tient à cœur de celui qui après avoir travaillé à l’exploitation familiale a travaillé ensuite à Jarnac, après maints petits boulots, à l’entreprise de bois Roger :
« Comme l’arbre a besoin de puiser ses forces dans la profondeur de la terre pour se développer et faire face aux tempêtes, l’homme a besoin de ses racines pour se tenir debout ».

Le livre de Paul se veut être les racines qui aideront ses cinq petits-enfants, ses cinq arrière-petits enfants et tous ceux à venir, à grandir et se tenir debout en se souvenant de Pépé Paul.

Le jour de la fête, aux petits-enfants heureux de recevoir le livre le grand-père a prévenu : « Il ne suffit pas de lire, il vous faudra aussi comprendre »



Je suis restée plus de deux heures avec Paul.
J’ai découvert, au hasard des pages de son livre que j’ai feuilleté, des détails d’épisodes de sa vie que je ne livrerai pas ici. Des hasards, des coïncidences troublantes que je garde secrets.
Je suis revenue chez moi en ce beau samedi qui sentait déjà le printemps, troublée, émue.
J’ai déjà dit quelque part, et je l’avoue sans honte, que bien des personnes âgées m’ennuient, et que j’ai aujourd’hui envie de me tenir éloignée de la vieillesse pour l’avoir côtoyée très jeune, trop jeune. Mais pour faire à la Brassens, je pense que le fait d’être ennuyeux, triste et vieux n’a pas forcément de rapport avec l’âge.
Car au final, les personnes âgées qui me sollicitent pour le journal, celles qui prennent plaisir à discuter avec moi, sont des gens plein de sagesse, d’intelligence au sens noble et large du mot, des gens qui ont tellement de choses à dire et que j’aime entendre, sans appréhension.


Je repars donc sur le coup des 16 heures après avoir pris un petit café en compagnie de celui que j’avais cru reconnaître en entrant…

Je fais la bise à Paul. La barbe est douce, je sens que le papi est ému aussi.

Je suis touchée par la confiance qu’il a mis à se livrer, et qu’il met en moi pour transmettre tout cela au journal.
Il m’accompagne sur le pas de la porte. Je lui promets de me rendre disponible, pile poil, dans dix ans, pour la suite de ses mémoires.

Je crois que Papi Paul viendra faire un petit tour ici. Je le salue ainsi que Nadine. Je sais que d’autres tomes sont prévus à ses mémoires. Une belle façon de faire revivre le passé dans l’avenir et de lui-même se projeter dans l’avenir grâce à son passé. Une façon pour le sage qu’il est d’avancer avec son vécu et permettre à ses petits descendants de profiter de son expérience.

Je remercie aussi, en passant, Samuel, un autre humaniste à la barbe fleurie, qui m’a donné l’opportunité de faire cette belle rencontre.




Ma rencontre avec Paul (1)

  • Il y a quelques jours une dame m’appelle pour me demander si je veux bien me déplacer pour un article au sujet de son beau-père qui fête ses quatre-vingt dix ans. Ce n’est pas mon secteur mais le collègue de CL, indisponible momentanément, lui a transmis mes coordonnées pour me confier la mission. Nous n’avons pas l’habitude de publier les banals anniversaires dans les colonnes du journal. Toutefois je prends le temps de discuter, au téléphone avec la dame, et celle-ci m’explique que le grand-père vient d’écrire ses mémoires pour les offrir le jour de son anniversaire à ses invités.

Le sujet me parait intéressant.
Nous prenons rendez-vous…
J’arrive dans la petite maison jarnacaise en tout début d’après-midi. Une dame, de mon âge à peu près, m’ouvre la porte donnant sur la rue et me fait entrer dans une pièce claire qui ouvre, de l’autre côté, sur le jardin qui dégringole loin, en pente. Le grand-père, assis dans son canapé se lève à mon arrivée.
Curieuse impression de connaître le personnage, mais je ne suis pas physionomiste. Je n’ai hélas pas la mémoire des visages.


Il est jovial, souriant. La poignée de main est franche et solide. La barbe blanche ne tarde pas à s’agiter avec vigueur au rythme de la bouche quelque peu édentée qui commence déjà à raconter, de raconter …

  • Dans les pages de Charente Libre j’ai dû limiter ma prose à 3 000 signes et dans l’article publié samedi je m’aperçois que celle-ci a encore été raccourcie. Je suis consciente des contraintes, je les connais et par la force des choses, je les admets quand l’esprit de l’article n’est pas trop dénaturé.

Mais cette rencontre, a été de celles qui sont plus qu’une banale « entrevue ».

Alors aujourd’hui, je prends plaisir à déposer ici, sur mon blog Sud-Ouest pour vous qui me lisez régulièrement, l’intégralité de ce qu’il me tenait à cœur d’écrire.


Il s’appelle Paul.
A l’occasion de ses quatre-vingt-dix ans, il a consigné ses mémoires dans un ouvrage « Pardonné mais pas oublié »
Dans sa jeunesse, il a été éclaireur réunioniste à Jarnac et a participé en 36 à un camp scout avec Baden-Powell. Issu d’une famille fort pratiquante et lui-même très engagé à cette époque, il devint par la suite conseiller presbytéral pour la communauté protestante de Segonzac.



Toute ressemblance avec une personne ayant existé ne serait que pure coïncidence

la suite demain … et belle journée de Pâques à vous.

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