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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

à l’Est un peu de nouveau
histoire de prouver que l’on a toujours matière à dire ..même quand on est correspondante SO de la plus petite commune de Charente

C’est aujourd’hui l’été

Le spectacle est le même cette nuit. Tout est calme et doux. L’éclat de l’astre argenté fait se découper les silhouettes des marronniers sur la toile céleste qui a pris ce soir sa teinte bleu-nuit et se laisse caresser par quelques traines de nuages effilochés.

Un oiseau de nuit jette une plainte, un autre laisse glisser dans l’air un chuintement ponctué de quelques soubressauts plus sonores.

Quelques grillons rythment les secondes, cachés dans l’herbe encore tiède, et surtout, depuis les vignes voisines, les oedicnèmes que j’aime tant lancent encore à cette heure avancée de la nuit, leurs appels flûtés qui se répondent inlassablement.

C’est aujourd’hui l’été.

classé dans ” ♥quelques poèmes”
20 juin 2008 - 5 commentaires
Classé dans : ♥ QUELQUES POEMES Tags: , , ,

Le scoop

Vous ne pouvez pas savoir l’effet que cela fait de rater « le » scoop.
J’aime assez me balader avec mon appareil photo, histoire de saisir, quelques petites choses dignes d’intérêt ou quelques petites scènes sympathiques.
Or voilà, qu’hier matin en route pour le marché en compagnie de ma fille j’ai raté le scoop.
Bon, je vous passe les détails, sinon vous allez dire que je raconte ma vie. Mais un blog, c’est fait pour ça non ? D’ailleurs, la preuve que vous aimez vous êtes quelques-uns à passer par ici de temps en temps et cela me fait toujours plaisir. Cela me booste aussi. Merci à vous.

Donc, hier matin … nous nous dirigeons vers Rouillac. En voiture, car les dix kilomètres qui me séparent du bourg sont un peu difficiles vu la configuration du relief. (C’est beau par chez moi vous savez. Surtout lorsqu’on se dirige vers Rouillac. On suit la Guirlande qui serpente et trace son chemin en fond de vallon)
Bon ! Allons au fait.
Ma fille conduit, moi à côté.
Et c’est là, chers visiteurs, c’est là, que je regrette de ne pas avoir pris mon petit matériel.
Quoi ! En plein festival de Cannes … qu’a-t-elle pu rater ? Ils sont tous à se la péter sur la Croisette. Wim Wenders je ne sais pas.
C’est pourtant vers le petit village où le réalisateur des “Ailes du désir” a quelques attaches que nous nous dirigeons.

Bon, j’en suis à me demander si je vous le fais en un ou deux épisodes. Parce que je me rends compte que ma prose est longue. Je m’étale, je m’étale.

- Réflexion faite demain je n’aurai pas le temps de finir donc je fais en un épisode.-

Le nez en l’air donc. La route serpente à mi-hauteur entre les coteaux plantés de vigne sur notre gauche et le vallon profond où coule la Guirlande, sur notre droite.-bon, ici je vous le fais rapide, je vous passe les détails poétiques-

Soudain, oh !!!
Je rêve là !
?!?!
Un bel oiseau s’élève lentement par-dessus le coteau.

Ça y est ! Elle nous le fait encore le coup des oiseaux !
Ben oui ! Que voulez-vous ? Je les aime ces bestioles ! Un oiseau. Et quel oiseau ! … Un cri m’échappe …
« Adeline, un vautour ! »
Imperturbable, Adeline qui conduit poursuit sa route.
« ça y est, cette fois, ma mère a pété les plombs ». Fumer la moquette, certes non. Cela fait belle lurette que j’ai changé la moquette pour du parquet et du lino. Because allergies.
Ma fille , toutefois, reste coite. Elle est gentille ma fille même si j’imagine trop bien ce qu’elle pense.

« Maman, tu abuses là … tu abuses »
Bon. J’essaie un autre registre :
« Adeline, arrête la voiture »
Heureusement, ma fille est obéissante. Et puis si sa mère pète les plombs, mieux vaut ne pas la contrarier.
Stop !

Je sens bien que c’est pour cette unique raison qu’Adeline consent à s’arrêter, puis à descendre - car elle aime toujours me faire plaisir ma fille-  et à faire comme moi -sans doute plus pour vérifier l’ampleur de mon délire- à lever le nez vers le ciel.
Elle commence par émettre gentiment quelques doutes sur l’espèce de l’oiseau. Elle y va avec précaution.
Pour moi aucun doute possible.
C’est bien un vautour qui caresse de ses grands doigts les nuages.
Je les connais trop bien ces oiseaux pour avoir adhéré un moment au FIR (fond d’intervention pour les rapaces) et avoir appris auprès de mon ami berger à les reconnaître.

Ma fille finit par se rendre à l’évidence. La buse qui accompagne dans son ascension le bel oiseau est là pour nous donner la mesure du grand rapace.
Nous restons subjuguées. Enfin, moi surtout. Très vite l’excitation me gagne.
Je suis comme ça.
Un vautour en Charente !
Nous profitons du spectacle. Le bel oiseau prend doucement le courant. Il s’élève lentement, en tournant. Il cherche une “pompe” comme on dit en langage Bouldras.

Pendant quelques instants je ne suis plus en Charente. Je suis en Lozère, sur ce Causse que j’aime tant, entre Jonte et Tarn. Mon cœur soudain se sent transporté. « Séquence émotion » dirait un certain « monsieur pacte ».
Le soleil est là. Je sens moi aussi la chaleur doucement me pénétrer. On sent le bel oiseau à l’aise tout là-haut. Moi plutôt frustrée
sur cette petite route de la campagne charentaise.
Frustrée de n’avoir pu fixer l’instant.
Je ne peux m’empêcher de passer sur le champ un coup de fil à Charente Nature. Je laisse un message sur le répondeur. Je les imagine à la réception à entendre l’excitée que je fus.

De retour à la maison, c’est Danielle Frainnet du centre de Torsac que je contacte à son tour. Bien sûr, beaucoup plus zen que moi la spécialiste ! Intéressée malgré tout d’avoir des nouvelles de la bestiole qui avait été aperçue la veille en sud Vienne (zut, ce n’est pas un scoop alors !) Et m’apprend-elle, ils ont été treize à survoler la veille un autre secteur de la Charente (je crois qu’elle m’a dit Dirac).

“Mon”vautour n’était donc ni une hallucination (ça me rassure) mais pas pour autant un scoop (ça me déçoit quelque peu)!
Tant pis. J’ai été en tout cas ravie d’avoir pu croiser le chemin de ce bel oiseau.
Et j’en profite pour dire ici combien l’on se doit de respecter ce rapace qui n’a absolument rien d’un insatiable prédateur comme certains voudraient bien le faire croire. Que les chasseurs aussi se rassurent, il ne s’attaquera en aucune façon à la faune, puisqu’il est charognard. Je ne supporte pas qu’on lui prête des exactions totalement erronées.
C’est d’ailleurs précisément ce régime alimentaire particulier qui fait aujourd’hui le malheur de ces familiers des falaises pyrénéennes qui jusqu’à présent se faisaient nettoyeurs de montagne en débarrassant la nature des carcasses d’animaux morts.

Or, par décision gouvernementale, “raison sanitaire” à ce qu’il paraît, il est désormais interdit aux éleveurs de déposer leurs animaux morts dans les charniers destinés aux vautours.
Vive l’équarrissage aseptisé ! Vive la normalisation et la gestion raisonnée de l’environnement ! Vive la suprématie de l’homme sur la nature, l’homme intelligent seul capable de savoir ce qui est bon ou non pour l’équilibre naturel !

Oui, je sais, mes remarques à côté des grandes révolutions ….
N’empêche. N’empêche que mes petites révolutions à moi elles me font du bien.

Allez, j’ai voulu faire en un épisode. Je ne vous ai pas trop gonflés ?

Ah, vous savez que j’aime aussi particulièrement le film “Les ailes du désir” ?
Pour le vautour j’ai oublié de préciser que j’avais un doute quant à son espèce. Fauve ou moine.

Allez, bon dimanche à vous. N’oubliez pas de lever le nez. Entre Pyrénées et Charente, on ne sait jamais … des vautours, des anges…
Des nuages pour sûr. Mais la pluie, on l’aime aussi.

 

Si je ne m’abuse (2)



photo S.T.



Premières chaleurs

Ascenseur

Délice

De l’aile qui glisse

Frôle de ses grands doigts

Les nuages les bois

Caresse de son ombre qui traîne

Le blé en herbe la plaine

Et moi.


Silence et majesté
Mon coeur transporté
Autres lieux autres étés
Se laisser aller
A rêver
A aimer
Liberté

©S.

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Si je ne m’abuse …

photo S.T.

Les pigeons se font plumer/2/

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cliquer pour agrandir

Comme moi, sans doute, vous ne manquerez pas d’être étonnés par les blessures infligées au pigeon. C’est assez impressionnant. Tête arrachée, jabot éventré.
Aux dire des spécialistes, le faucon ne serait pas en cause. Serge Toutaud est pourtant sûr de lui, quand il affirme les avoir vus “à table”. L’explication serait que les pigeons aient été attaqués et blessés par un autour ou un épervier puis que le faucon se serait à leur suite comporté comme un charognard.
L’association Charente Nature a pris contact avec M. Toutaud. Rapports très “sympas”, comme me l’a encore réaffirmé le colombophile qui n’a pas constaté cette année de dégâts.
Le mystère reste entier.
A méditer toutefois : l’impact de Sud-Ouest sur les rapaces quels qu’ils soient, qui désormais se tiennent à carreaux.

Non mais ! ….

Les pigeons se font plumer

-Intro- : Pour vous situer un peu le contexte de l’article que je scannerai les jours prochains, et vous faire découvrir les dessous de notre boulot de terrain…

Un soir sur les 20h, coup de téléphone :

Un monsieur que je ne connais pas, qui ne me connaît pas puisqu’il commence ainsi, comme la plupart de ceux qui sonnent chez moi pour la première fois :

“- Je suis bien chez la correspondante du journal ?

- Oui, monsieur

- Je voudrais que vous veniez chez moi pour mes pigeons.

Quelque peu surprise :

- Oui, c’est pour quoi exactement ?

- Ben, c’est parce que mes pigeons se font tous bouffer, et je commence à en avoir marre

- Ah, oui, mais là … je ne vois pas trop ce que je peux faire pour vous …

- Je suis colombophile vous comprenez, j’élève des pigeons de concours et depuis quelque temps ils se font tous massacrer par des faucons crécerelles. Alors il faut que vous en parliez dans votre journal, sinon, je vais porter plainte et que ça ne se passera pas comme ça ”

Ouhfh ! Voilà bien une première. On ne me l’avait encore jamais faite celle-là.

Porter plainte contre des faucons crécerelles ! Enfin, c’est ce que je me plais à imaginer.


D’ailleurs sur le ton de la plaisanterie, je lui souffle que

« de toute façon, ses faucons, comme ils ne lisent pas le journal …»

mais bon, je ne souffle pas davantage car je sens bien que le bonhomme n’est pas d’humeur à plaisanter.

Je décide alors d’en savoir plus long et laisse parler le monsieur très remonté contre les faucons.

“- Je peux vous jurer que c’est vrai, c’est mon voisin qui les voit faire.” Et de m’expliquer que le voisin, depuis sa fenêtre, voit les faucons descendre en piqué sur les pigeons dès que ceux-ci mettent le bec dehors.

Alors si le voisin se pose en délateur …

J’avance quant à moi, prudemment, quelques arguments en faveur des coupables présumés. Sans être experte en la matière j’ai du mal à croire une pareille chose. Le faucon crécerelle que j’observe souvent me semble affectionner plutôt la chasse au sol des mulots et autres rongeurs en pratiquant le vol en saint-esprit plutôt que la chasse en bombardier. Le bonhomme est chasseur, par conséquent, je le soupçonne de parti pris à l’encontre des rapaces en général. D’ailleurs les buses en prennent aussi pour leur grade par la même occasion.

Je vais donc devoir moi, dans mon canard, me faire l’avocate de ces diables de faucons et leur redonner bonne presse.

Je sens que l’affaire va être corsée.

Le monsieur, ponctue mes arguments de rires moqueurs à mon égard. Ma parole à côté de celle du voisin… vous pensez ! Il insiste pour sa part, sur les dégâts occasionnés, dont je ne doute pas évidemment, et je sens bien que le passionné de colombophilie qu’il est, est parfaitement chagriné et qu’il cherche désespérément une solution ou tout au moins, à avertir l’opinion pour que quelqu’un lui propose des solutions.

Finalement l’affaire me plait bien. Si le journal peut servir aussi à ça, et surtout si je peux lui faire changer d’avis sur les crécerelles, pourquoi pas …

Nous prenons rendez-vous.

Entre temps je consulte les responsables de Charente Nature pour avoir d’autres arguments à avancer lors de l’entrevue qui promet d’être animée. Ils sont trois, dont Danièle, la spécialiste du centre de Torsac à me confirmer que les petits faucons ne peuvent pas être tenus pour responsables. Je mets mes rédactions au courant de l’affaire pour déterminer la place à accorder au papier et par conséquent quel développement donner à mon écrit.

Dès le lendemain, me voilà en route, sur mon vélo pour le village voisin du mien.

Il fait beau. Les rapaces en effet sont assez nombreux sur le secteur. Les crécerelles se reconnaissent facilement à leur vol rapide et surtout à leur façon de faire le saint-esprit lorsqu’ils ont repéré une proie.

Les buses sont nombreuses aussi. Quand elles ne se tiennent pas, immobiles, à l’affût sur un piquet de vigne, elles planent en altitude profitant des courants pour se déplacer. J’ai une affection particulière pour ces oiseaux depuis qu’en Lozère, un ami berger m’a fait découvrir les vautours. J’ai appris leur utilité dans la chaîne alimentaire,et surtout j’aime rester de longs moments à admirer la majesté de leurs ballets aériens. En Charente je n’ai que les busards pour me rappeler le vol de ces grands oiseaux au-dessus des hauts plateaux du Causse, mais quand ils sont si haut dans le ciel, mon imagination me transporte assez facilement là-bas, dans cette région que j’aime tant.

Les responsables de CN m’ont aussi parlé de la présence certaine d’autours et d’éperviers qui pourraient être les principaux responsables des meurtres de pigeons, en l’absence dans nos régions du faucon pèlerin, seul de son espèce à pouvoir éventuellement s’attaquer fatalement à des pigeons.

Bon, je m’égare là. Qu’est-ce que je suis bavarde …

Et ce n’était que l’intro …

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